Compte rendu Dimanche 11 avril :
Rendez-vous à 9h au parking du Bouquetin pour faire un contrôle matériel avec l’ensemble du groupe. Une fois la ferraille dispersée dans les sacs, nous allons voir l’arrivée des premiers de la Transvanoise histoire de dire bonjour aux copains ! (de Marlène...). Une fois les points logistiques réglés, nous rejoignons le haut de la station par les remontées mécaniques. C’est déjà une aventure sur le télésiège où nous avons du mal à s’asseoir à six avec nos gros sacs ! On arrête ensuite les flemmardises des grands sportifs, et nous mettons les peaux pour retrouver le refuge du col de la Vanoise. La rillette nous appelle déjà, et nous dégustons notre pique nique sur un banc, au soleil ! C’est parti pour rechausser les skis afin d’aller jusqu’au point bas du col de la Réchasse, à 2930 m. Le mauvais temps arrivant, et la course de demain étant la même, nous décidons de redescendre dans une combe où la neige était correcte. La coulée aperçue à la montée a donné des idées au guide Patrice et à Hubert. Ni une ni deux, nous voilà dans des pentes engagées variant entre 45 et 57° (angles pris au bâton et à la montre Suunto !). Patrice prend l’initiative de faire une coupe de neige, Hubert trouvant le jeu amusant décida de pelleter jusqu’au terrain pour nous montrer les différentes couches d’accumulation tombées pendant l’hiver. 10 minutes plus tard, le sol n’étant toujours pas atteint, la sonde est sortie et déployée par les filles dans un temps record, environ 3 minutes ! Au final, la couche mesurée totale était de 3m40 alors qu’Hubert n’avait pelleté que d’ 1m20... Ce passage en pente raide nous a permis de perfectionner nos virages sautés pour ne pas descendre plus vite que notre ombre les immenses couloirs de la grande Casse mercredi ! Retour au refuge vers 3h, où nous entamons chacun notre tour des recherches arva histoire de pouvoir retrouver Hubert dans nos sorties futures. 1h30 d’itinéraire sur carte avec azimut et temps de parcours estimé afin de ne pas nous perdre sur le glacier de la Vanoise sous la pointe du Dard. Apéro, repas, dodo. Gonflés à bloc pour le lendemain. Il est quand même important de rappeler les quelques minutes de rigolades avec les terribles blagues de notre guide Patrice, et pas que.

Compte rendu du lundi 12 avril 2010
Ce matin, en tant que grands alpinistes, le réveil sonne à 6h45 avec le ciel bleu. Petit déj de luxe avec confiture maison et céréales à volonté ! Les 15 cm de poudreuse nous appellent à vite préparer nos sacs, et à peauter. Programme du jour : pointe de la Réchasse, pointe du Dard et descente dans le cirque du Dard pour rejoindre le refuge des Barmettes. Lors de la première montée, le vent et le froid nous rappellent que nous sommes en haute montagne. En avance sur notre itinéraire, nous traçons une variante dans la face nord de la Réchasse, dans 20 cm de neige fraîche. La sortie du piolet et des crampons s’impose dans un passage pour le moins... extrême ! Après avoir rangé la corde fixe, nous continuons sur l’arrête qui nous mène au sommet dans un blizzard himalayen ! Les sommets se bouchent et Patrice prend la sage décision de chuinter la pointe du Dard pour descendre dans le couloir du Genépi qui annonce de belles surprises. Nous évoluons entre poudreuse et neige dure, où de nombreuses chutes surviennent. Louise nous montre qu’elle peut aller plus vite sur le ventre que sur les skis, le groupe est alors impressionné ! Moyenne coulée déclenchée par Patrice pour nous éviter d’éventuels dommages ! Pause casse-croûte bien méritée pour nous redonner la pêche dont on aura besoin pour monter au sommet de Morion. Le groupe avait à peine remis les skis que Thomas et Laurent partent à la chasse aux chamois à vitesse course ! Descente sur le refuge des barmettes par un beau passage en pente raide, plus difficile que le groupe l’imaginait. Le pique nique s’impose alors sur la terrasse du logis exposée à l’ouest avec un grand soleil d’hiver et une bonne bière. L’après-midi fut consacrée à la pratique de manip’ de sauvetages et d’auto-sauvetage sur glacier, entre autre moufflage, remontée sur corde et point d’encrage piolet fixe et piolet éjectable. Laurent et Thomas, peu et pas assez fatigués par la sortie matinale partent taquiner les pentes et les sommets alentours. Pour le reste du groupe, programme tranquille : avec terrasse et monaco à Pralognan, puis remontée en télésiège jusqu’au refuge.

Compte rendu Mardi 12 Avril
Cette belle journée commence par un petit déjeuner de prince, tartine beurre mirtilles devant un feu de cheminée ! Les batteries rechargées après une bonne nuit, nous prenons la direction du chalet des gardes de la Vanoise. Séance photo sous un beau soleil avant d’aborder le col de la Séchette. La température est hivernale, le soleil radieux, et la poudreuse de plus en plus présente ! Les quelques virages tracés du haut du col de la Séchette au pied du glacier des Glières, dans 10 centimètres de poudreuse nous annonce une journée exceptionnelle ! Nous abordons les premières contre pentes en direction du col des Glières. Nous observons des beaux phénomènes de reptation à vitesse grand V car Louise fait la trace à 1000m/h. Elle nous laisse peu de temps pour faire des commentaires, et une fois n’est pas coutume Laurent ne parle pas... ça va trop vite ! Une pause encordage des deux traceurs, Louise et Axelle est nécessaire sur le début du glacier. La poudreuse est présente en abondance, et les deux filles tracent en direction du col dans 20 cm de neige légère. Les garçons prennent le relais pour pauser la corde de fixe dans les dernières pentes assez raides du col. Laurent fait la trace à pied, Thomas installe la corde pour faire monter le reste du groupe. L’arrête du col, large d’à peine 30cm nous rappelle que nous sommes en haute montagne, ambiance ! Le groupe une fois au sommet entame la descente dans une poudre légère... légère que nous avons tous l’impression de savoir skier ! Les virages s’enchaînent et nous posons les premières traces !


Compte rendu Mercredi 13 Avril
Quoi de mieux que 15 centimètres tombés dans la nuit et un soleil radieux au levé du lit pour aborder en toute confiance les Grands couloirs de la Grande Casse ? C’est dans avec une motivation de folie que le groupe trace les premières conversions au pied des grands couloirs dans 20 cm de poudreuse légère... très légère ! Laurent et relaye Patrice dans un bon rythme, il faut dire qu’il fait très froid et on se réchauffe comme on peut. La moitié des grands couloirs sont avalés en 45 minutes et Thomas passe à son tour devant pour faire une trace dans une poudreuse qui est de plus en plus abondante ! Il démontre toute ses qualités de souplesse en conversions... qui ont pour le moins le mérite de faire rire le groupe ! Louise entre en jeu en haut des grands couloirs ! Elle passe trace le passage en crampons et ne va pas céder sa place du haut des grands couloirs jusqu’au sommet. Comme d’habitude Louise trace, personne ne parle surtout à 3700 ! C’est dans un immense bonheur que nous nous retrouvons tous au sommet, Axelle et son papa nous rejoignant quelques minutes plus tard. Les photos souvenirs ne se comptent plus... on est tous contents d’être là, à ce moment : « et dire qu’Hubert, il ait vraiment pas ce qui est bon ! » Après ces belles paroles place à la descente ! C’est avec un engagement hors du commun que Thomas et Laurent pausent leurs premiers virages dans les grands couloirs. Thomas s’offre le luxe de faire des grandes courbes dans 30 cm de poudre sans faire une pause... La Casse avalée en 45 secondes impressionnant ! Derrière, l’altitude se fait sentir et Marlène se bat avec la poudre... sans chuter ! Louise dans son style légendaire « chaise longue » taille de la courbe et fait voler la neige fraîche ! Le retour au refuge est un pur régal. Nous cassons la croûte avec une bonne bière, signe du devoir bien accomplit ! Il reste plus qu’a descendre sur Pralognan avec l’impression d’avoir fait quelque chose de grand !


Le retour à la réalité va être dur... et si le paradis n’existe pas, il y en a des morceaux, et il a fort à parier que ce jour là, ces morceaux s’étaient donné rdv à la Grande Casse !
Nous remercions de tout cœur Patrice qui nous a appris à évoluer en montagne plus sereinement dans une ambiance... , et Hubert sans qui ce stage magique n’aurait pas eu lieu.
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