Prévention - Sécurité

Analyse des accidents déclarés à notre assureur en Rhône-Alpes

période : janvier/août 2006 (approximativement)

Ecrit le samedi 10 février 2007 par pdo

La Fédé envoie à tous les clubs une copie des déclarations d’accidents, pour que ceux ci puissent faire une enquête dans un but de prévention. Ci dessous, une brève synthèse au niveau de l’ensemble des clubs rhône-alpes

Analyse des déclarations d’accidents transmises par notre assurances pour la région Rhône-Alpes.

Période couverte : Il s’agit des trois premiers envois que j’ai reçus. Ces envois sont en principe mensuels, mais j’y ai trouvé des accidents survenus en janvier 2006. La période couverte est donc approximativement le printemps et le début de l’été 2006, soit 70 déclarations au total.

Ces déclarations regroupent un ensemble très hétéroclite d’évènements, depuis le bris de lunette du randonneur qui trébuche sur un chemin, jusqu’à la chute mortelle en rappel d’un alpiniste à la descente à ski du sommet de l’Everest....

Il est donc nécessaire de faire quelques regroupements.

Remarque préalable, 30 % des déclarations ont pour origine des sorties encadrées par la FFCAF, ce chiffre est plus important que celui qui est habituellement cité....

· 16 déclarations d’accidents (assez souvent des incidents d’ailleurs) en randonnée pédestre : Glissades, chevilles foulées etc..... On trouve sans surprise dans cette catégorie un nombre significatif de personnes relativement âgées.

· 9 accidents de ski de piste (chute, collisions). Du fait que les données traitées ne couvrent pas une année entière, ce chiffre est certainement très en dessous de la réalité d’une année complète.

· 7 accidents en VTT (dont certains sur route)

· 9 accidents en parapente.

· 28 accidents que je qualifierai « d’alpinisme » proprement dit (haute montagne, falaise, spéléo, glacier....)

· 1 divers.

Les déclarations d’accident sont la plupart du temps extrêmement sommaires (description des circonstances parfois totalement inexistante) et ne permettent pas de procéder à une véritable analyse, on peut cependant en tirer quelques conclusions d’ordre très général.

Chacune de ces catégories doit-être analysée de manière spécifique. Chaque fois qu’il me sera possible, je compléterai l’analyse par une recommandation de prévention.

On connaît l’importance du nombre des accidents en randonnée pédestre qui ne se dément pas, certainement liée au développement de cette pratique qui séduit un grand nombre de personnes jusqu’à un age avancé où les performances et l’adresse physique ne s’améliorent pas.... Le plus souvent c’est assez bénin, cependant, bien qu’il n’y en ait pas dans les données que j’ai traitées cette fois-ci, je sais qu’il arrive souvent des accidents cardio-vasculaires parfois graves, voir mortels. On peut se demander si certaines chutes ou glissades ne sont pas à l’origine un simple malaise qui en plaine serait resté bénin mais dont les conséquences peuvent être rendues gravissimes par le terrain sur lequel se trouve la victime. Le conseil de prévention dans cette catégorie d’accident, est un bon suivi médical, et aussi sans doute de recommander l’usage systématique des deux bâtons de marche.

L’activité ski de piste (yc surf....) est statistiquement très importante, de mon point de vue, elle n’appelle pas de commentaire spécifique de la part d’une fédération comme la FFCAF, dans la mesure ou c’est une activité spécifique pas vraiment alpine, je renvoie le problème sur les stations de ski qui formulent toutes les recommandations et réglementations nécessaires....

L’activité parapente est fortement représentée. Bien que je n’aie pas d’éléments suffisamment précis, on peut penser que le taux moyen de gravité est sans doute relativement élevé. Malgré le peu d’information figurant sur les déclarations, je peux conclure qu’il s’agit dans presque tous les cas de fautes de pilotage (parfois combinées ou provoquée par la sur-fréquentation de certains sites). Le conseil de prévention est d’apprendre à piloter, et surtout d’être conscient de ses limites par rapport à l’aérologie, et aussi bien sûr d’éviter les sites sur-fréquentés.

L’activité VTT constitue aussi un pôle d’accidentologie important. En fait, le problème est exactement le même qu’en parapente : on chute par erreur de pilotage et/ou par surestimation de ses capacités par rapport au franchissement d’un obstacle. Le port du casque est absolument indispensable, et pourquoi pas du casque intégral (au moins un cas dans les stats traitées) ?

Reste à traiter les 28 accidents « d’alpinisme » au sens large qui constituent l’essentiel de la base d’information à analyser. On y trouve 4 à six décès (les données analysées ne sont pas assez précises pour le dire avec certitude). En alpinisme, les conditions de survenue d’un accident sont potentiellement complexes : conditions météo, composition du groupe, matériel utilisé, enchaînement d’actions et de décisions etc.... et peuvent souvent donner lieu à une analyse faisant intervenir de multiples facteurs, ce qui n’est pas le cas d’une activité comme le VTT ou le Parapente ou dans la plus part des cas l’accident survient par suite du manque de maîtrise technique d’un pilote seul maître à bord.... Malheureusement les données figurant sur les fiches de déclaration d’accident, quand elles existent, sont dans la plus part des cas très largement insuffisantes pour procéder à une véritable analyse. Je peux simplement donner quelques éléments chiffrés : · Avalanches : 3 cas (décès ?) · Chute de pierres : 6 cas dont deux décès · Dévissage sur neige ou glacier : 6 cas · Dévissage en rocher 6 cas (dont un en désescalade)

Si on désire formuler des recommandations de prévention efficace, il serait nécessaire d’aller beaucoup plus loin dans l’analyse de certains accidents. Mais cela n’est pas possible avec les données actuellement disponibles. Parmi les conditions d’une analyse efficace figure en première ligne la nécessité de procéder à cette analyse le plus tôt possible après l’accident, quant les souvenirs sont encore précis, les témoins et acteurs disponibles etc.... Pourtant, le « retour d’expérience » est le fondement de toute politique de prévention digne de ce nom. Si les clubs pouvaient organiser une analyse des accidents et incidents « A chaud », et avec une méthodologie appropriée, on pourrait imaginer d’en faire une synthèse qui pourrait profiter à tout le monde !

Pierre Bayart Animateur Prévention Sécurité Comité Régional Rhône-Alpes de la FFCAF

Je suis prêt à aider les clubs qui souhaiteraient mettre en place une démarche d’analyse (la fédé propose une méthodologie)


 


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Ecrit le samedi 10 février 2007
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