6/01 - RAQUETTES : position commune des Fédérations et des accompagnateurs

Ecrit le vendredi 6 janvier 2006 par Pierre BONNARD

La Journée Nationale de la Raquette à Neige aura lieu dimanche 8 janvier.

Saisissant cette occasion, les trois fédérations concernées par la pratique de la raquette à neige (FFCAM - FFME - FFRP) et le Syndicat des Accompagnateurs en montagne tiennent à expliciter leur position commune sur la question du "péage raquette" :

Les organisations nationales partenaires de la Journée Nationale de la Raquette à Neige : Association Nationale des Accompagnateurs en Montagne, Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade, Fédération Française de la Randonnée Pédestre, Fédération Française des Clubs Alpins de Montagne nous demandent de vous lire cette note explicative de leurs position commune relative à l’extension législative de la possibilité de mise sous redevance de certains itinéraires dédiés aux pratiques nordiques autres celles de glisse. Autrement dit le "péage raquette".

Bien que cela puisse sembler paradoxal, nos organisations ne s’opposent pas, sur le principe, à une redevance "nordique" dès lors qu’elle est strictement encadrée et limitée dans son champ géographique d’application, qu’elle offre en plus d’un ensemble de réels services à l’usager, des garanties de libre accès à la montagne. Cette position commune a été adoptée dans le cadre de la présence de nos organisations respectives au sein du conseil d’administration de l’association Nordique France et transmise au gouvernement le 24 novembre dernier.

Cette position peut surprendre le grand public, les professionnels et les licenciés. Cette position réaliste s’explique par la prise en compte de la difficulté de l’accueil et de la gestion des flux de pratiquants non montagnards et non autonomes, sur des territoires parfois exigüs où la cohabitation entre skieurs nordiques et piétons / randonneurs est souvent source de conflits d’usage et de gène mutuelle. Au regard de l’objectif de "promotion de la pratique", professionnels et fédérations sportives considèrent qu’il vaut mieux, ici ou là, offrir une possibilité d’évolution, même artificielle et dénuée de finalité d’immersion dans le milieu montagnard, plutôt que de laisser les publics découvreurs de la raquette à neige prendre des risques de sécurité personnelle, d’inconfort, et de divagation dans un milieu naturel fragile.

Pour mémoire, le texte voté par l’Assemblée nationale début décembre 2005 est le suivant :

« Une redevance pour l’accès à un site nordique dédié à la pratique du ski de fond et aux loisirs de neige non motorisés autres que le ski alpin et aux installations collectives destinées à favoriser la pratique de ces activités peut être instituée par délibération du conseil municipal de la commune dont le territoire supporte un tel site, ou de l’établissement de coopération intercommunale compétent, dès lors que le site comporte des aménagements spécifiques tels que le balisage ou des équipements d’accueil et fait l’objet d’une maintenance régulière, et notamment d’un damage au moins partiel. Chaque année, une délibération fixe le montant de la redevance et les conditions de sa perception"

Ce texte offre une garantie objective mais soulève toujours trois incertitudes majeures sur lesquelles nos organisations restent très vigilantes.

La garantie objective : une redevance d’accès et des itinéraires dédiés à une pratique nordique, en l’espèce la raquette à neige, ne peut s’envisager que sur les seuls les sites nordiques référencés au titre de la norme NF S 52-101.,Concrêtement ne sont donc concernés que les sites dotés d’aménagements d’itinéraires et de pistes de ski de fond. Libre aux organismes gestionnaires de ces sites, et aux communes de tutelles, d’estimer le bien fondé d’une taxation d’itinéraires sous l’angle de la promotion du site et de son image...

Les trois points que nous contestons sont les suivants :

-  la formulation alternative "balisage ou équipements d’accueil" : à notre sens il faut un établissement d’accueil et un balisage adapté aux grand public,

-  l’absence, dans le texte législative de deux points fondamentaux :

* l’obligation faite à l’organisme gestionnaire de site d’établir, de manière lisible, une information sur le libre accès par ailleurs à la libre montagne. Au départ d’un site nordique il ne faut pas qu’il puisse y avoir vérouillage de l’accès à la montagne pour ceux qui le souhaitent,

* la prise en compte des normes relatives à des "itinéraires d’initiation à la pratique", normes émises par la fédération sportive délégataires et enregistrées par le Ministère des Sports. Il convient que ces itinéraires soient de petites boucles de proximité, organisées en réseaux mais ne couvrant pas l’ensemble du potentiel d’itinéraires depuis un site.

Les organisations nationales partenaires de la Journée Nationale de la Raquette à Neige vont donc poursuivre leur action d’explication et de sensibilisation des parlementaires de la montagne et des ministères concernés pour qu’il soit déposé un amendement modifiant dans ce sens la formulation définitive du texte en seconde lecture au Sénat et en commission mixte paritaire.

Enfin, c’est le cadre et l’objectif de cette Journée Nationale de la Raquette à Neige, nos organisations soulignent que la pratique de la raquette à neige, a pour première finalité la découverte et la compréhension de la montagne, dans le respect de l’environnement et de la sécurité personnelle. La pratique encadrée, par des professionnels Accompagnateurs en Montagne ou dans le cadre des clubs fédéraux est un moyen, pour chacun d’entre vous, d’évoluer dans cette appropriation de la montagne, milieu à environnement spécifique pour profiter au mieux des potentiels de déplacements offerts par l’outil "raquette à neige".


 


Répondre  Répondre à cet article

    • Réponse par Jean-Luc L’Hôtellier, Janvier 2006 > 6/01 - RAQUETTES : position commune des Fédérations et des accompagnateurs

      Les fédérations, la direction de la FCAF en tête, sont toujours totalement à côté de la plaque :

      Il ne peut y avoir des péages et un libre accès à la montagne, c’est contradictoire. Un itinéraire pour la raquette ça n’a pas la taille d’un court de tennis, ça occupe des km de sentiers qui deviennent inaccessibles librement. Je rappelle que ces sentiers situés sur des domaines sont très souvent de beaux itinéraires de replis quand les conditions météo/nivo ne permettent pas de s’aventurer en montagne. Les péages vont à l’encontre de la sécurité.

      En quoi les péages règlent-ils le problème de la cohabitation des raquettistes avec les pistes de fond ? Les arguments avancés dans ce texte montrent que le problème n’est pas celui de l’entretien des itinéraires qui pourrait justifier le péage mais bien celui de l’information des pratiquants sur tous les aspects de l’activité (sécurité, respect de la nature et des autres usagers, etc...)

      De l’aveu même de son directeur seulement 200 raquettistes ce sont acquittés de la taxe dans la station du Revard la saison dernière : http://www.liberation.fr/page.php ?Article=349605. On ne peut pas dire que la demande d’itinéraires payants soit importante.

      La solution alternative que je propose : mobiliser les pratiquants pour un balisage d’itinéraires classiques, pas de damage mais la vente libre de topos et de plans des itinéraires balisés. Ces documents contenant une information sur la bonne façon de pratiquer doivent permettre de financer le balisage.

      Pour ce qui me concerne j’irais ostensiblement me promener sans payer sur les itinéraires taxés et j’invite tout les raquettistes à le faire.

      N’oublions pas que le but (mal) caché de la FCAF reste la course à l’obtention des délégations pour la raquette et le ski de rando, délégations dont ses licenciés se contrefoutent totalement et que dans ce but la FCAF se trouve dans l’obligation de jouer les bons élèves vis-à-vis des politiques.

      Jean-Luc L’Hôtellier

      Site: Le site de la raquette à neige gratuite

      Répondre  Répondre à ce message

      • Réponse par Pierre BONNARD, Janvier 2006 > 6/01 - RAQUETTES : position commune des Fédérations et des accompagnateurs

        Jean Luc L’HOTELLIER émet son avis personnel : c’est le but d’un forum. D’ailleurs, les dirigeants de la FFCAM, dont je fais partie, lisent les forums, entre autres sources d’information.

        La défense de la liberté d’accés à l’espace montagnard est légitime, et unanimement partagée au sein de la FFCAM.

        A partir de ce principe il reste à considérer les réalités des "gens qui vivent en montagne", et à adapter les désidérata des citadins avec l’économie des vallées et des hauts-plateaux, ceux des raquettistes avec les skieurs en "skate", sans oublier les propriétaires fonciers, et j’en passe.

        Question d’équilibre, comme en escalade !

        Il est dommage que Jean Luc, qui avait reçu un mandat de DTR (Délégué Technique Régional, pour l’activité "raquettes") du Comité Régional FFCAM de Rhône-Alpes, n’ait jamais cru utile de dialoguer lors des diverses et nombreuses réunions des instances fédérales, où se précisent les positions que prend notre Fédération. Il a choisi la politique de la chaise vide, systématiquement.

        Par contre, Jean Luc a assainé ses vérités personnelles par lui partagées sur le web, ce qui est son droit, mais ne permet pas l’exercice d’une mission de représentation d’une fédération sportive.

        Une position collective ne correspond jamais, à 100 %, à l’avis individuel de chacun, qu’il soit adhérent de base, ou dirigeant. Sur le péage-raquette, comme sur d’autres sujets.

        En refusant de tenir compte de cette donnée, fondamentalement démocratique, Jean Luc nous a contraint à lui retirer tout mandat de représentation de notre fédération.

        Quand à l’insinuation de Jean Luc, selon laquelle la position de la FFCAM sur le péage raquette,(qui est aussi celle des autres fédération et du syndicat des accompagnateurs), serait basée sur la volonté d’obtenir une délégation du ministre des Sports pour cette activité, elle est purement ridicule. L’affaire récente du secours en montagne prouve que la FFCAM défend avant tout les intérêts collectifs des pratiquants.

        Je précise enfin que notre position sur le péage-raquette n’est pas gravée dans le marbre. Elle peut évoluer en fonction de la suite du débat parlementaire, et des pratiques des gestionnaires de sites nordiques.

        Pierre Bonnard.

        Répondre  Répondre à ce message

        • Réponse par Jean-Luc L’Hôtellier, Janvier 2006 > 6/01 - RAQUETTES : position commune des Fédérations et des accompagnateurs

          « A partir de ce principe il reste à considérer les réalités des "gens qui vivent en montagne", et à adapter les désidérata des citadins avec l’économie des vallées et des hauts-plateaux, ceux des raquettistes avec les skieurs en "skate", sans oublier les propriétaires fonciers, et j’en passe. »

          C’est vraiment n’importe quoi que d’opposer citadins et "gens qui vivent en montagne", les habitants des villages qui n’ont pas de domaine nordique mais qui accueillent des raquettistes ne se plaignent pas de leur présence et si un problème se pose dans les domaines nordiques c’est celui de la baisse du nombre de skieurs de fond, peut-être celui du manque d’information des autres pratiquants, mais pas celui d’insfrastructures pour la pratique de la raquette qui justifieraient une taxe. Les stations ne cherchent qu’un moyen de maintenir leurs domaines de ski de fond et leur activité mais elle n’y parviendront qu’en améliorant leur offre, en prenant des mesures qui s’opposent au désirs des pratiquants elles creusent leurs tombes.

          « Il est dommage que Jean Luc, qui avait reçu un mandat de DTR (Délégué Technique Régional, pour l’activité "raquettes") du Comité Régional FFCAM de Rhône-Alpes, n’ait jamais cru utile de dialoguer lors des diverses et nombreuses réunions des instances fédérales, où se précisent les positions que prend notre Fédération. Il a choisi la politique de la chaise vide, systématiquement. »

          C’est de la désinformation ! Pour moi ce sont Raynaud et Grandidier qui ont refusé, non pas d’adopter d’autres façons de faire les choses mais simplement de discuter d’autres façons de faire les choses. A partir du moment où il n’est pas possible de discuter pourquoi s’emmerder à participer à des réunions ? Je suis désolé mais j’ai autre chose à foutre.

          De fait la direction du CAF se coupe totalement des pratiquants. Demandez seulement aux initiateurs et responsables d’activités qui sont leurs DTR et vous comprendrez ce que je veux dire. A quoi servent les DTR si ils sont coupés des pratiquants ? Il y avait un moyen à essayer pour améliorer les choses, il est domage que la direction du CAF refuse d’engager le dialogue avec les adhérents alors que les moyens modernes permettent de le faire. Ecouter, dialoguer, échanger, voilà ce que devrait être la politique du CAF vis à vis de ses adhérents même si il lui faudrait accepter d’entendre ce qu’il n’a pas envie d’entendre. Que sait la direction du CAF sur l’opinion des adhérents sur le problème des péages ? Si j’en crois la pétition contre les péages ils seraient plutôt farouchement opposés et ne comprennent pas que leur fédération ne le défende pas.

          Répondre  Répondre à ce message

        • Réponse Janvier 2006 > 6/01 - RAQUETTES : position commune des Fédérations et des accompagnateurs

          Hum... remettre en cause des propos non pas en les contredisant mais en remettant en cause leur auteur est sans doute faire preuve d’une très grande honnêteté, voire d’une très grande intelligence. Quel rapport entre les problème que vous avez eu avec Jean-Luc L’Hôtellier ou celui de le représentativé au sein de votre fédération et le problème des péages ? Mise à part son dernier paragraphe ses propos me semblent on ne peut plus intelligents.

          Je reviens sur : "A partir de ce principe il reste à considérer les réalités des "gens qui vivent en montagne", et à adapter les désidérata des citadins avec l’économie des vallées et des hauts-plateaux, ceux des raquettistes avec les skieurs en "skate", sans oublier les propriétaires fonciers, et j’en passe." Si le problème est là on peut s’étonner que la très grosse majorité des stations aient décidé quoi qu’il arrive de ne pas taxer la pratique d’activités comme la raquette. Je doute grandement que ce soit pour la défense de la liberté qu’elles aient pris cette décision, le problème serait plutôt à mon avis surestimé par les rares stations favorables à la taxe et qui rencontreraient peut-être quelques difficultés financières pour n’avoir pas su gérer correctement non pas l’augmentation de pratiquant de la raquette mais la diminution de pratiquant du ski de fond. Il s’agirait pour ces stations de nous vendre des aménagements dont nous n’avons strictement pas besoin et qui nuisent à notre pratique.

          Et puis est-ce le rôle des fédérations d’encourager des entreprises commerciales à créer de nouveaux besoin auprès des pratiquants ? C’est pourtant bien ce que fait la FFCAM en expliquant que si elle ne comprend pas l’utilité du damage elle demande aux stations qui veulent instaurer une taxe (et donc de s’approprier une partie des sentiers) de damer.

          Répondre  Répondre à ce message

      • Réponse par eye fungus contact lenses, Janvier 2007 eye fungus contact lenses

      • Réponse par arabic tones, Février 2007 arabic tones

 

L'article

Ecrit le vendredi 6 janvier 2006
4881 visites

- Forum

Les auteurs

Pierre BONNARD

Président du CR

Les articles dans la même catégorie

-  SOLIDARITE - Conférence-concert , le 27 avril à Pantin (93), avec F.R. DUCHABLE (pianiste), M. BATARD (alpiniste) ...

-  AG 2004 du CR CAF R-A - la presse en parle

-  Que la montagne est belle ! - Sur les traces de l’eau, avec le CAF de Bourg

-  Escalade - PRESLES (38) : Pétition pour l’accès aux falaises

-  Benoit JACQUEMOT n’entrainera plus les jeunes alpinistes Mauriennais

 
[ Accès des rédacteurs ]
© Comité Régional Rhône-Alpes des Clubs Alpins et de Montagne
XHTML 1.1 CSS Firefox