(Résumé de la conférence de Arnaud PINGUET -Inspecteur de la Jeunesse et des sports, ancien membre du conseil supérieur des sports de montagne, à Chambéry le 07/02/2006)
Pouvons nous encore encadrer des sorties collectives sans encourir les foudres des tribunaux au moindre problème rencontré, et risquer de devoir payer de fortes amendes qui viendraient « récompenser » notre engagement associatif et les efforts que nous faisons pour faire participer les autres aux joies de la montagne ?
Quelques affaires ont défrayé la chronique, le débat existe, qu’en est-il exactement ?
Pas de panique ! D’entrée, Arnaud PINGUET a insisté sur le fait que la situation des cadres bénévoles à l’égard des responsabilités civiles et pénales est bien moins inquiétante que la rumeur ne le laisse entendre. Dans les faits, le nombre de cas où celle-ci est retenue par les tribunaux est finalement très faible, et il faut aussi savoir que les tribunaux sont beaucoup plus rigoureux avec les professionnels, du fait de leur compétence. Mais bien entendu il ne faudrait surtout pas que ce fait endorme notre vigilance !
Qui est concerné ? Le(s) « cadre » officiel lors d’une sortie « officielle » bien sûr (et éventuellement les instances dirigeantes du club), mais pas seulement ! Dés qu’il y a un groupe, même complètement informel, le ou les plus qualifiés du groupe pourront voir en cas d’accident leur responsabilité engagée, sans qu’il soit possible de s’affranchir de cette responsabilité par une « décharge » formelle ou informelle des autres membres du groupe, fussent-ils les victimes accidentées....
La « Faute » ...
Mais au fait, quand y a t’il responsabilité ? Il y a responsabilité si et seulement s’il y a une faute, et il faut qu’il y ait une relation de causalité entre le dommage et la faute.
Exemple : un groupe de jeunes en école d’escalade sans casque. La chute d’un bloc de 400 tonnes tue l’un des jeunes : La « faute » pourtant manifeste que constitue le fait de n’avoir pas fait porter de casque ne déclenchera pas, en soi, de responsabilité (mais bien entendu tous les autres paramètres de la sortie seront analysés...).
Comment se définit la faute ? C’est un « trouble à l’ordre social » provoqué par un manquement aux règles de l’art...
Dans la pratique, il faut savoir que l’appréciation des tribunaux se fera en analysant tous les paramètres de la situation, en faisant appel à un « expert » (gendarme guide du PGHM..) et à priori avec beaucoup de bon sens. Seront pris en considération, la météo, la difficulté de l’itinéraire choisi, l’horaire, l’encadrement, l’équipement individuel et collectif, la qualification des membres du groupe etc...
La mise en cause de la responsabilité résultera le plus souvent d’une accumulation de faits qui constitue plus sûrement une faute qu’un seul fait isolé de son contexte. Mais l’accident n’entraîne pas nécessairement une faute, les magistrats savent (en principe) qu’en montagne, le risque zéro n’existe pas, mais ils nous répondent qu’en revanche, le risque judiciaire zéro n’existe pas non plus !
Dés lors qu’une faute a entraîné un dommage, deux sortes de responsabilités peuvent être engagées : la responsabilité pénale, et la responsabilité civile.
La responsabilité pénale :
Elle est sanctionnée par les tribunaux : amende, prison etc... par une « punition » à laquelle nul ne peut se soustraire (il est impossible de s’assurer...). Il faut avoir commis une faute d’une particulière gravité, c’est à dire avoir délibérément commis un acte non autorisé par la loi (pas de qualification pénale sans texte) : violation d’une interdiction par exemple...
Il faut savoir cependant que peut également être pénalement sanctionnée, la mise en danger délibérée de la vie d’autrui, et ce sans qu’il Y ait nécessairement dommage corporel (cas d’une avalanche sans victimes déclenchée dans un espace expressément interdit...).
Pendant longtemps, seules les personnes physiques étaient concernées par la responsabilité pénale ; cela n’est maintenant plus le cas, et les personnes morales (le club), peuvent être également condamnées, la « punition » en l’occurrence étant une forte amende....
La responsabilité civile :
Elle est beaucoup moins redoutable pour le cadre, du fait que celle-ci est couverte par les assurances. En effet, il ne s’agit plus ici de « punir » un « fautif », mais d’indemniser une victime des conséquences d’un accident qui aurait été provoqué par une « faute ».
Le mécanisme de mise en cause de la responsabilité est le même que ci-dessus : il faut une relation de causalité entre la « faute » et le dommage subi par le tiers.
Il faut savoir cependant qu’en matière de responsabilité civile, il existe aussi une responsabilité sans faute, du fait en particulier qu’on est responsable « des choses dont on a la garde », exemple : le piolet ou le ski perdu qui dévale une pente....
Conclusion :
Restons sereins..... et vigilants ! Si nous encadrons avec sérieux les courses que nous organisons, nous devrions sans difficultés particulières échapper à la mise en cause de notre responsabilité.
Nous avons d’abord et avant tout « obligation de moyens », beaucoup plus qu’une « obligation de résultat ».
A l’occasion des questions/réponses, Arnaud PINGUET a insisté sur quelques points particuliers sur lesquels il ne faut pas manquer de prêter attention, car ils seront examinés en priorité par le juge :
l’effectif de la sortie(définir et surtout respecter un nombre maximum de participants en fonction des caractéristiques de la course)
la bonne application des règles définies au sein du club (règlement intérieur, ou chez nous à Valence, notre « charte de fonctionnement).
Et bien sûr, le public « jeunes » public « sensible » pour lequel l’obligation de moyens est renforcée....
Pour toute précision complémentaire, se reporter au fascicule : « La responsabilité des dirigeants et des cadres bénévoles dans les associations du Club Alpin Français », colloque du 20 mai 1995 édité par le CAF.
Pierre D Bayart Animateur Prévention-Sécurité du Comité Régional
par Celairrenna, il y a 3 semaines
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par Celairrenna, il y a 2 mois
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par WeeplylUb, il y a 3 mois
desole if employment eGnTyQ
par Arnaud Saint Léger, Mars 2006
> 28/2 - JURIDIQUE : La responsabilité des cadres bénévoles
Arnaud Pinguet est venu aussi à Chambéry pour présenter sa conférence. Elle a été très claire et intéressante.
Je voudrais rebondir sur un point noté en fin de ce résumé : "la bonne application des règles définies au sein des clubs)".
Je trouve en effet très important de suivre ces règles, mais à l’inverse il est important que les règlements intérieurs et recommandations ne soient pas écrits à la légère : ils risquent de bloquer une activité et de faire peser des responsabilités injustifiées sur les encadrants.
Je vise ici la recommandation qu’à recemment éditée le comité directeur national au sujet du port du casque.
Le comité directeur a rappellé la nécessité du port du casque pour les mineurs et notamment en ski de rando.
la recommandation
Injustifiée
contrairement au ski de piste, au freestyle, à la compétition les us et coutumes en ski de rando ne motivent pas le port du casque
lors d’une descente en ski de rando, le risque de collisions avec d’autres skieurs est faible.
la vitesse est rarement rapide
en montée le port du casque est une absurdité
Ferme l’activité aux jeunes
les premiers à souffrir de cette recommandation forte seront les jeunes, car les encadrants en ski de rando sentiront une pression plus forte et injustifiée sur leurs épaules et donc ne favoriseront pas l’inscription de jeunes
par contamination, une telle recommandation peut refroidir les encadrants d’autres activités
tout le monde connait l’exemple malheureux des instituteurs qui n’osent plus faire de sorties avec leurs élèves. Le problème est totalemnet identique ici.
Risque inconsidéré pour les encadrants
un encadrant accompagnant un jeune mineur en ski de rando sans l’obliger à porter le casque à la montée et à la descente aura commis une faute qui sera relevé par un juge en cas d’accident
Ne pas prendre les encadrants pour des enfants, des assistés
les encadrants sont formés, brevetés et compétents pour juger des risques liés à un environnement. Ils leur appartient de prendre les décisions et de faire les choix nécessaires
la montagne est complexe, les choix doivent être pris sur le terrain en tenant compte de tous les paramètres. Le choix ne doit pas être réalisé de façon aveugle à Paris !
prendre une décision à leur place leur enlève toute responsabilité
Forum du Caf de Chambéry
des réactions d’encadrants
Je remercie le comité régional de nous laisser la parole sur son site.
a+
par Antoine STOZICKY, Mars 2006
> 28/2 - JURIDIQUE : La responsabilité des cadres bénévoles
par pdo, Mars 2006
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