ALPINISME

Groupe "espoirs" Ain Rhône Loire

Ecrit le mercredi 14 décembre 2005 par Luc Thibal

bilan du groupe réalisé par Elsa Riche :

GROUPE ESPOIR AIN-RHONE-LOIRE

Bilan de l’année 2005

En cette première année du nouveau groupe Espoir Ain-Rhône-Loire, nous avons réussit à nous réunir trois fois au cours de l’été. Le groupe est encadré par Franck Plenier et composé de 8 jeunes dont 3 filles.

Les sorties :

1. Chamonix, 18-19/06/2005 2 jours pour faire connaissance Ecole de glace et course d’arrête

2. Italie, Val d’Orco Grimpe et Artif

3. Oisans, Aiguille de Sialouze Grande voie et course d’arrête

Chamonix, 2 jours pour faire connaissance et commencer la saison d’été :

Samedi 18 juin, 9h, toute l’équipe se retrouve sur le parking du Montenvers. Nous ne nous connaissons pas encore tous mais nous avons la même motivation : Acquérir plus d’autonomie en montagne, sans griller d’étape mais « en toute sécurité ». Nous avons tous très envie de faire de la montagne en autonomie mais savons bien qu’il y a des règles à respecter, des expériences à vivre et beaucoup de chose à apprendre avant de se lancer dans de grandes courses seuls. Au programme de ce samedi, école de glace et montée au refuge du Couvercle. Sur le glacier les exercices s’enchaînent : piolet cane, piolet rampe, 10 pointes, manips... Pour certains ce sont des révisions, pour d’autres le moment d’acquérir les bases. S’ensuit la montée au refuge sous un ciel plus que bleu. Un excellent accueil nous est réservé puisque Michel, le gardien, nous a installés dans l’ancien refuge, juste sous le couvercle ! Après avoir fait la popote, lu et relu le topo (je dirai même appris par cœur) et suivi une séance « nœuds divers » avec Franck (nœud de chaise, cabestan...), nous préparons nos sacs et nous endormons avec l’image des Grandes Jorasses en tête, majestueuses au coucher du soleil ce soir là.

Réveil à 4h, départ pour la traversée Nonne-Eveque dans la chaîne des Ecclésiastiques, chaîne qui monte tout droit à l’aiguille verte, autre sommet mythique du massif et objectif d’un jour prochain. Nous remontons le glacier de Talèfre et attaquons le granit au levé du jour. En tête, Francky avec sur sa corde Victor et Olivier. Il faut souligner que Victor à bravé l’épreuve en koflach, chapeau ! Suivent Cédric dit « Buzz » et Julien, communément surnommé « Sherpa » en référence à la taille de son sac. Enfin, Pascale et Elsa composent la troisième cordée... une cordée féminine qui compte montrer ce qu’elle sait faire ! Pour Pascale c’est la première course en grosse et les premières pauses de friends. Elle s’en sort comme une pro et décide même de passer en tête. Il faut dire que le passage du rasoir, après avoir gravi la Nonne, est de toute beauté et mérite le détour. Nous redescendons ensuite facilement par des vires jusqu’au glacier. Poser des friends, des coinceurs, utiliser des becquets, raccourcir son encordement, progresser corde tendue, faire des anneaux, protéger, savoir être rapide, trouver l’itinéraire, nous aurons travaillé tous ces éléments au cours de la course. La descente est rapide et une glace bien méritée à Chamonix en terrasse. Ce premier week-end s’est plus que bien passé et pour ma part, comme pour les autres, je pense que nous redescendons plus motivés que jamais pour de belles course à venir et une envie de progresser.

Merci Francky pour ta patience, pas facile de gérer autant de monde à la fois !

Vivement la prochaine sortie ! Ca tombe bien, c’est dans 3 semaines.

Elsa

Deuxième stage : Italie / France, 1/0 pour le coté français

Demain débute enfin notre second stage. Cependant la météo n’est pas avec nous : ces derniers jours, les sommets chamoniards se sont poudrés mettant à mal nos objectifs dans le massif. Petit conciliabule en comité restreint (nous serons trois pour ces trois jours : Cédric, Victor et moi) autour d’un verre : il est décidé de tenter notre chance coté italien notamment pour prendre de l’assurance dans la pose de friends. Nous voilà donc partis ce samedi 25 juin, direction le val d’Orco et ses magnifiques lignes granitiques. En chemin, nous nous arrêtons à Macabi, dans le val d’Aoste, et passons la fin de journée à grimper tranquillement sur un gneiss magnifiquement sculpté en profitant des éclaircies. Le sérieux doit commencer le lendemain. Nous posons la tente, au cœur du grandiose val d’Orco, face à un beau bloc fissuré que nous n’aurons malheureusement pas le temps d’essayer car la pluie tombe de nouveau. Nous prions pour qu’elle nous épargne le lendemain.

Malheureusement nos prières n’ont pas porté leurs fruits : réveil sous une pluie fine. Après s’être « gentiment » fait jeter par la police locale (le bivouac « de luxe », c’est-à-dire que cela se rapproche du camping, est plutôt mal vu) nous ravalons notre déception et nos friends (pas très digests de bon matin) et nous réfugions à l’entrée du val, sur un site de couennes abrité. Le temps s’améliore, s’améliore et... s’améliore encore nous laissant espérer. Allez, une pizza pour être en forme demain et c’est reparti ! Oui, mais c’était sans compter sur la mauvaise fois de dame nature : il pleut en sortant de la pizzeria... Nouvelle discussion. Nous optons dans un premier temps pour un retour en direction de Courmayeur. Ici nous avons le choix : nous diriger dans le val Ferret pour une grande voie ou rentrer en France pour de l’artif. J’avoue pencher pour la deuxième solution étant absolument inexpérimentée dans ce domaine... Le verdict tombe : artif à Balme, près de Sallanches ! Nous commençons à nous améliorer dans la prise de décision rapide : « rendez-vous à telle heure, tu prends tel matos, à demain ! » Serons nous malchanceux jusqu’au bout ? Non, pas tout à fait, il ne pleut pas ! Nous partons donc plein d’engouement vers cette nouvelle discipline. Franck nous met « au pied du mur » : des « crochets goutte d’eau » et autres échelles pendant à notre baudrier, il nous « somme » de nous lancer... Et bien c’est moins facile que cela en à l’air ! Victor grimpe avec Franck, Cédric et moi nous nous dépatouillons pour progresser. Je débute une longueur d’A2 sans réussir à aller bien haut : je laisse la place à Buzz après qu’un crochet ait décidé de faire sans moi. Nous sentons tous une nouvelle forme d’adrénaline liée à cette escalade : des pas sur crochets, pitons et autres câblés nous donnent de belles sueurs froides, d’autant que le rocher est complètement « péteux ». Au delà de la performance il y a comme une connivence avec le matériel : il devient plus que jamais un allier comme un ennemi, c’est surprenant. Cette journée est riche d’enseignement car même si nous n’allons pas pratiquer ce type d’escalade tous les jours cela nous a permis de découvrir un nouvel horizon, d’apprendre à nous sortir de pas difficile à l’aide du matériel et d’améliorer nos connaissances relatives à la pose de protections. Une fois encore, merci Francky !

Pascale et Cédric

Troisième session : Oisans, Aiguille de Sialouze

Lundi 25 juillet, nouvelle destination, nous irons dans les Ecrins puisque le temps est incertain cette fois encore sur le massif du Mont Blanc. Rendez-vous à Ailefroide pour cette 3eme session. Le soleil timide mais présent nous accompagne pour la montée au refuge du Sélé. La soirée sera consacrée à la préparation du programme. Départ la lendemain matin pour la face Sud-Ouest de Sialouze, que nous atteignons par le glacier du coup de Sabre. Ce deuxième jour nous attaquons une voie facile en terrain d’aventure, qui malheureusement s’est avérée très équipée. « Super Pilou » nous permet de prendre contact progressivement avec le granit des Ecrins. Franck fait cordée avec Vanessa et Emilie, suivi d’Elsa et Olivier. L’escalade se révèle facile et agréable, nous atteignons rapidement le sommet et profitons de la vue magnifique sur Ailefroide et sur le Pelvoux. La descente, d’abord en rappel puis à pied jusqu’au refuge est courte mais le temps se gâte. Notre projet de traverser ce soir et dormir au refuge Pelvoux tombe à l’eau (c’est le cas de le dire...). Après une petite discussion avec le gardien, nous décidons de tenter tout de même la traversée des arrêtes de Sialouze, mais en partant tôt le matin du refuge du Sélé ! La marche d’approche va être longue, très longue, mais nous sommes venus de loin et ce n’est pas la motivation qui manque ! Départ de nuit ce mercredi matin, pour une marche d’approche de 5h ! Après la remontée au refuge du Pelvoux, nous attaquons la course proprement dite. Par le glacier de Sialouze nous atteignons l’attaque de la traversée de arrêtes sous un soleil levant magnifique. Cette fois ci nous progressons uniquement sur coinceurs, et nous avançons à notre rythme. Le rocher s’avère certes joli mais assez instable sur les premières longueurs ! Franck est toujours en tête avec sur sa corde Olivier, suivit de la seconde cordée Vanessa-Elsa. Les passages plus sommitaux plus raides s’avèrent vraiment jolis et font toute la valeur de cette course réputée des Ecrins. Nous devons nous dépêcher ! La descente à pied jusqu’à Ailefroide s’avérera plutôt longue et entamera nos dernières forces. Mais le jeu en valait la chandelle : cette course classique et tellement belle des écrins, nous a fait progresser dans les manips de montagne, et reste une bonne expérience de terrain d’aventure où la rapidité est primordiale.

Olivier

terrain montagne
terrain montagne

initiation à l’artif
initiation à l’artif


 


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